L’enfance retrouvée avec Hekayat Fanoun

Exhibition gives attention to art of children’s book illustrations
June 23, 2016
سحر عبدالله وحكايات الأطفال
June 23, 2016

L’enfance retrouvée avec Hekayat Fanoun

Un monde particulier s’ouvre en apercevant les illustrations de Sahar Abdallah. Ses 35 tableaux exposés à la galerie Machrabiya plongent le visiteur,à travers les lignes et les couleurs, dans un univers enfantin, pur, enjoué et profond. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que le célèbre artiste Adli Rizqallah, disparu il y a quelques années, considérait Sahar Abdallah comme une grande artiste dans le domaine des dessins pour enfants. Rizqallah avait même souligné à quel point ces illustrations lui faisaient revivre son enfance heureuse.

L’inspiration semble partagée des deux côtés. « Toute petite, mon père m’offrait des tableaux d’Adli Rizqallah. Ces toiles qui tapissaient les murs de ma chambre m’ont fait rêver de devenir une artiste moi-même. Je me suis inscrite à la faculté de pédagogie artistique pour me spécialiser dans le domaine des livres pour enfants »,raconte Abdallah.

L’idée de Hekayat Fanoun trottait dans la tête de Sahar Abedallah depuis pas mal de temps. « J’ai organisé plusieurs ateliers pour enfants et j’ai pensé élaborer un projet qui pourrait rapprocher les enfants des arts plastiques. L’objectif n’était plus de les préparer pour être des futurs artistes, mais plutôt de leur inculquer un moyen d’expression différent, de rendre le monde des arts plastiques accessible aux enfants et de leur fournir une culture générale sur les diverses tendances artistiques », explique-t-elle.

Ecrire et mettre en couleur

Abdallah a finalement décidé de se lancer dans une nouvelle aventure mêlant textes et illustrations. C’est une bourse décernée aux jeunes artistes par le British Council du Caire qui lui a permis de mettre sur pied son projet : un livre illustré, destiné aux enfants, publié chez la maison d’éditionElias. Il s’agit de Fanoun (un nom dérivé de Fan, en arabe, qui veut dire art) : un petit garçon intéressé par le monde des arts. Il se lance sans cesse dans des aventures en s’infiltrant dans les tableaux de grands peintres et illustrateurs comme Adli Rizqallah, George Bahgoury ou Helmi Al-Touni.

Fanoun n’hésite pas à passer d’un voyage à l’autre, en dressant une chronique de dessins, commençant par les chats de l’époque pharaonique jusqu’à atteindre les temps modernes avec des artistes confirmés tels Tahiya Halim, Hamed Nada et Gazbia Sirry. Une bonne occasion de montrer les différents styles de ces artistes dont le monde est souvent très proche de celui des enfants.

C’est en t-shirt jaune et short violet, les cheveux noirs bouclés et les yeux grand ouverts qu’on retrouve Fanoun entretenant un dialogue amical avec Adli Rizqallah, ou se baladant entre les nouveaux « portraits du Fayoum » signés George Bahgoury ou encore traversant le Nil avec un personnage de Helmi Al-Touni.

Passer de l’illustration à l’écriture : une démarche audacieuse ? « C’est l’absence d’un texte écrit qui fait la différence. Mais quand je fais des illustrations pour enfants, j’aime bien travailler de sorte que les illustrations soient complètes. Je compose mes croquis au fur et à mesure sur des feuilles blanches ou dans un carnet et j’essaie de ne pas me restreindre à choisir le médium qui convient le mieux à chaque texte ou histoire ».

Se lançant pour la première fois dans l’écriture, cette artiste, qui a reçu en 2011 le prix d’Etat pour l’encouragement des jeunes, avoue s’y prendre de manière différente. « D’habitude, je me laisse d’abord inspirer par les mots de l’auteur, puis j’effectue une recherche visuelle traduisant ces mots. Mais, cette fois-ci, puisqu’il s’agit de mon projet à moi, ce sont des émotions qui m’ont imposé des cadres et des couleurs précises. Les mots viennent après » .

Les 3 et 4 octobre à la galerie Machrabiya. 8, rue Champollion, centre-ville. Tél. : 2578 4494.

De 10h à 20h (sauf le vendredi)

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AlAhram Hebdo